L'OasisPourquoi Rivera, Huila : comment la terre de l'Oasis a été choisie
Une eau thermale, un climat fait pour s'entraîner toute l'année et une communauté avec qui construire : les intentions fondatrices du choix de Rivera, Huila.
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La plupart des salles de sport sont des boîtes. Enveloppe étanche, lumière artificielle, climatisation, et une bande-son assez forte pour couvrir le bruit de la machine qui fabrique le froid. Ça fonctionne, au sens où c'est identique partout sur terre. Ça coûte aussi une fortune à faire tourner et ça te coupe complètement du lieu pour lequel tu as voyagé.
À deux ou trois degrés au nord de l'équateur, dans une vallée du Huila, cette boîte n'a presque aucun sens. Le soleil est proche de la verticale la plus grande partie de l'année : c'est le toit qui prend la chaleur, les murs presque rien. L'air remonte la pente le jour et redescend la nuit. La température est chaude et remarquablement stable — elle varie davantage entre le matin et l'après-midi qu'entre janvier et juillet. Dans ces conditions, un mur est surtout un moyen d'arrêter la brise.
Le pavillon d'entraînement prévu à l'Oasis n'aura donc pas de murs au sens habituel. Voilà ce que cette décision implique vraiment, parce que « gym en plein air » a l'air simple et ne l'est pas.
La latitude change toute la géométrie d'un bâtiment. À Paris, le soleil d'hiver rasant entre par les vitrages sud et le problème consiste à capter la chaleur. Près de l'équateur, le soleil monte haut et tombe presque à la verticale. Ce sont les surfaces horizontales qui reçoivent le rayonnement ; les verticales restent largement à l'ombre d'elles-mêmes.
La conséquence est directe : le toit, c'est le bâtiment. Il doit être large, déborder généreusement de tous les côtés, et de préférence être clair ou ventilé en faîtage pour que la chaleur piégée s'échappe vers le haut au lieu de stagner au-dessus des têtes. Un toit haut à faîtage ouvert n'est pas une coquetterie de style. C'est une cheminée.
La sueur ne refroidit que si elle s'évapore, et l'évaporation cale dans un air immobile et humide. Mets cet air en mouvement et le même corps, à la même température, se sent soudain plusieurs degrés plus frais. Ce n'est pas du folklore : les normes internationales de confort pour les bâtiments à ventilation naturelle admettent explicitement une température acceptable plus élevée quand la vitesse d'air augmente et que les occupants peuvent agir sur les ouvertures. On s'adapte. Ce à quoi on ne s'adapte pas, c'est à l'air stagnant.
Concevoir pour cela, c'est penser au site avant la structure. Dans quel sens court la brise de vallée le matin, quand les pentes chauffent et que l'air commence à monter ? Où s'inverse-t-elle le soir ? Un pavillon posé en travers du flux le capte ; posé dans son axe, non. Des ouvertures basses d'un côté et hautes de l'autre laissent l'air chaud sortir par le haut pendant que l'air frais est aspiré par le bas. Rien de tout cela ne consomme un watt.
La Colombie andine connaît un régime de pluies bimodal — deux périodes humides par an plutôt qu'une longue mousson — et la pluie tropicale n'arrive pas poliment. Elle tombe fort, de travers quand il y a du vent, puis s'arrête. Un toit au-dessus d'une pièce ouverte a donc trois missions simultanées : ombrer, abriter, drainer.
Des débords profonds tiennent la pluie battante à distance de l'aire d'entraînement. Des chéneaux généreux et un chemin d'eau clair évitent que le pourtour ne devienne un tablier de boue. Et comme la pluie est bruyante sur une couverture dure, le matériau compte pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'étanchéité : un toit qui tambourine est un toit sous lequel on ne peut pas coacher.
Les murs accomplissent un travail discret qui n'apparaît qu'une fois qu'on les retire.
Dans une salle fermée, le sol est une finition. Dans un pavillon ouvert, c'est la pièce d'ingénierie principale. Il doit évacuer l'eau sans devenir glissant, encaisser la charge lâchée sans éclater, rester tolérable au toucher l'après-midi, et être réparable sur place plutôt que par un spécialiste venu en avion.
Il doit aussi être posé parfaitement de niveau sur un terrain qui ne l'est pas. À flanc de colline, cela veut dire déblai et remblai, bordures de soutènement et couche drainante en dessous — la moitié invisible du projet, et celle qui décide si la moitié visible survivra à sa première grosse saison.
L'Oasis doit ouvrir le 30 juin 2028, et le pavillon d'entraînement fait partie des pièces qui passent encore du plan au terrain. Rien n'est achevé ; ce qui existe déjà, c'est la terre, la pente et le vent dominant, et la conception s'y ajuste plutôt que l'inverse.
L'intention est simple. Quand tu t'entraîneras là, tu devrais sentir le même air que la vallée — chaud au milieu du jour, plus frais quand le nuage passe la crête, sonore à cinq heures de l'après-midi. Pas une boîte qui pourrait être n'importe où, mais un toit dans un lieu précis, sur une pente précise, en Colombie.
Tu peux voir ce qui est prévu ailleurs sur le domaine depuis la page des installations.
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