Phoenix Initiative Colombia
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Fondation

Former des femmes d'ici comme coachs, dès la première séance

Phoenix Initiative5 min de lecture

Silhouettes lointaines de femmes s'échauffant en cercle sur un terrain poussiéreux à l'heure dorée, collines vertes en fond

Tout programme sportif de terrain affronte la même épreuve, et elle n'arrive pas le jour de l'inauguration. Elle arrive dix-huit mois plus tard, quand le cycle de financement tourne, que l'intervenante extérieure repart, et qu'il faut décider si le mardi soir existe encore. Les programmes qui passent cette épreuve ont un point commun : les personnes qui les font tourner habitent à côté.

Phoenix Initiative Colombia, la fondation adossée au futur Phoenix Oasis à Rivera, dans le Huila, n'a encore formé aucune coach. Aucun cours n'a eu lieu, aucune participante ne s'est inscrite, rien n'a été livré. Ce qui existe à ce stade, c'est une décision de conception, prise tôt et annoncée publiquement : l'encadrement sera local, il sera féminin, et la formation de ces coachs ne sera pas une rustine ajoutée quand le programme marchera.

Cet article explique ce que cette décision implique concrètement, et pourquoi elle est prise avant tout le reste.

Le multiplicateur qui décide de tout

Fais venir une intervenante et tu peux tenir des séances. Forme quelqu'un de la commune et tu peux tenir des séances après son départ — et, un jour, des séances que tu n'avais pas prévues, dans des endroits où tu n'avais pas été invitée.

Cette différence, c'est toute la partie. Une coach de passage produit de la fréquentation ; une coach d'ici produit de la capacité. La première se compte tout de suite, ce qui explique pourquoi tant de projets s'arrêtent là. La seconde met des années à se voir, puis ne cesse de s'accumuler, parce que les coachs forment d'autres coachs. C'est l'arithmétique qui traverse tout le projet Phoenix : de petits ajouts répétés, longtemps modestes, qui finissent par devenir la chose elle-même.

Il y a une deuxième raison pour que ces coachs soient des femmes. Dans la plupart du monde, l'encadrement sportif reste un rôle où les femmes sont nettement sous-représentées, et l'effet sur qui se sent bienvenue dans un espace sportif n'a rien de subtil. Une femme qui mène un échauffement dans un petit bourg fait deux choses à la fois : elle anime la séance, et elle élargit sans bruit la définition de qui a le droit de la mener.

Ce que fait vraiment une coach

Le mot évoque la technique, et la technique en est la plus petite partie.

Une coach de terrain construit une séance qui fonctionne pour des niveaux mélangés sans humilier personne. Elle tient une liste et remarque qui a cessé de venir, puis va comprendre pourquoi. Elle gère un lieu, un calendrier et du matériel auquel il manque toujours quelque chose. Elle donne le ton qui décidera si une débutante revient. Elle sait quoi faire quand une cheville se tord et, tout aussi important, elle sait où s'arrête sa compétence et où commence celle d'un professionnel de santé.

Rien de tout cela ne s'apprend en pratiquant bien un sport. Tout cela s'enseigne délibérément, et c'est à ça que sert un cursus d'encadrement.

Le cursus que la fondation veut construire

Le plan prévoit une formation en modules plutôt qu'une semaine intensive, parce que les compétences enseignées une seule fois repartent souvent avec le diplôme.

Les modules envisagés sont pratiques : construction et progression d'une séance ; animation de groupes d'âges et de niveaux mélangés ; bases du mouvement et technique sûre ; gestes de premier secours et limites claires du rôle de la coach ; protection des participantes ; et la part administrative qui maintient un groupe en vie — listes, plannings, communication, petits budgets.

Là où des qualifications reconnues existent déjà, l'intention est d'y conduire plutôt que d'inventer un certificat maison sans valeur ailleurs. La Colombie dispose d'une infrastructure publique de formation professionnelle — le SENA, service national d'apprentissage, propose des programmes gratuits dans tout le pays — et les instances sportives nationales et départementales ont leurs propres filières d'accréditation. Un certificat qu'une femme peut inscrire sur un CV et utiliser ailleurs vaut mieux qu'un badge qui ne compte que chez nous. Si elle nous quitte pour un meilleur poste, c'est que la formation a marché.

Un travail payé, pas du bénévolat permanent

Il faut le dire nettement, parce que c'est là que beaucoup de sport associatif échoue en silence.

Encadrer un groupe chaque semaine, c'est un travail. Cela demande de la préparation, des trajets, et des heures qui auraient pu servir à gagner sa vie. Demander à des femmes — souvent celles qui ont le moins de temps libre dans un foyer — de fournir ce travail indéfiniment et gratuitement n'est pas de l'esprit communautaire : c'est une subvention qui coule dans le mauvais sens, et qui sélectionne celles qui peuvent se permettre d'offrir leurs soirées.

L'engagement est donc que les fonctions d'encadrement créées par la fondation seront rémunérées, dans des conditions correctes, la formation restant gratuite pour celle qui la suit. Si une phase bénévole existe, elle sera courte, honnête sur ce qu'elle est, et elle mènera quelque part.

La protection des participantes passe avant le sifflet

Tout programme qui travaille avec des jeunes et des femmes dans une petite ville doit répondre aux questions de protection avant d'ouvrir, pas après qu'un incident a imposé la conversation.

L'intention est qu'aucune séance ne se tienne avant qu'existent un code de conduite écrit, une personne identifiée à qui signaler qui ne soit pas la coach, des règles claires sur les contacts et les échanges entre adultes et mineurs, et une procédure documentée de réclamation — y compris contre la fondation elle-même. La formation à tout cela fera partie du cursus, et pas d'un formulaire signé une fois puis classé.

Ce que veut dire « dès le départ »

Cela veut dire que la formation des coachs n'est pas une phase ultérieure. Cela veut dire que la première ligne budgétaire du volet sport sert à former des personnes, pas à acheter du matériel. Et cela veut dire accepter une ouverture plus lente, parce qu'un programme conçu pour nous survivre ne peut pas commencer par un raccourci.

Le Phoenix Oasis ouvrira le 30 juin 2028, et le centre comme la fondation partagent une conviction : une force qui dépend de la présence de quelqu'un d'autre n'est pas encore une force. Rien de ce qui est décrit ici n'a eu lieu, et quand ce sera le cas tu pourras le confronter à ce qui avait été promis — la mission et ses engagements sont sur la page de la fondation.

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